Histoire Géologique

L’île de la Réunion est située dans l’océan Indien, au nord du Tropique du Capricorne. La Réunion est à 182 km de l’île Maurice, à 680 km de Madagascar et à près de 10 000 km de Paris.

L’île de la Réunion est née d’un processus volcanique. La partie émergée, celle que nous connaissons sous le nom d’île de la Réunion, ne représente qu’environ 3 % de la montagne sous-marine qui la forme. Le massif à en réalité une hauteur de 7 000 m sur 240 kms de diamètre. Il s’agit d’un des plus hauts massifs volcaniques de la planète. Il est formé de deux volcans, l’un éteint, le piton des Neiges, l’autre plus récent et actif, le piton de la Fournaise.

Formation de l’île

L’archipel des Mascareignes est composé de trois îles : l’île Maurice, l’île Rodrigues et l’île de la Réunion. Les îles de l’archipel des Mascareignes se sont formées à partir d’un phénomène volcanique né du point chaud de La Réunion. Un point chaud est en effet, une zone où le magma parvient à percer la croûte terrestre au beau milieu d’une plaque océanique, formant ainsi un volcan. Celle-ci se déplaçant, elle pourra être percée à intervalles plus ou moins réguliers. A La Réunion, le volcanisme est entièrement responsable de l’édification insulaire. Un volcan sous-marin a émergé lorsque l’empilement des laves a atteint la surface de l’océan à cet endroit il y a environ trois millions d’années : le Piton des Neiges. L’île était née. Le volcan, endormi depuis 12 000 ans, est à l’origine de la création des deux tiers de l’île. Érodé par le temps et l’absence d’activité volcanique, il reste tout de même le plus haut sommet de l’île, à 3 070 mètres d’altitude et son cœur reste encore chaud avec une température de 200°C vers 2 000 mètres de profondeur, d’où les sources hydrothermales de Cilaos.

Le Piton de la Fournaise (2 632 m) se mit en activité à son tour il y a environ 500 000 ans. Ainsi les deux volcans, alors actifs, formèrent par leurs éruptions successives la plaine des Palmistes et la plaine des Cafres, jonction entre les deux massifs. Le Piton de la Fournaise poursuit le façonnage de l’île par ses éruptions ; il est même considéré comme un des volcans les plus actifs de la planète.

Le relief de l’île s’est façonné par des cratères importants qui se sont effondrés une fois éteints pour former les cirques de Salazie, Mafate et Cilaos.


Il était une fois… le volcan des Alizées

Le Piton de la Fournaise a un père : le volcan des Alizés. En effet, à l’emplacement actuel du massif du Piton de la Fournaise (vers le Grand Brûlé), se trouvait il y a près de 3 millions d’années un autre volcan, contemporain du piton des Neiges, le volcan des Alizés. Il culminait à 2 000 m d’altitude et se serait éteint il y a environ 500 000 ans, au moment de la naissance du piton de la Fournaise.


Apparition de la vie

Les îles de l’archipel des Mascareignes sont longtemps restées isolées du reste du monde du fait de leur naissance au milieu de l’océan Indien. Peu d’espèces ont colonisé ces terres, exception faite des oiseaux. Mais cet écosystème, très stable jusque-là, fut bouleversé à l’arrivée des premiers colons au XVIIe siècle. À partir de cette époque, de nombreuses espèces animales et végétales endémiques ont disparu, les plus emblématiques et populaires sont le Dodo de l’île Maurice et l’Ibis de l’île de la Réunion. Beaucoup d’espèces endémiques des Mascareignes sont toujours gravement menacées d’extinction.

Géographie

La Réunion est une mosaïque de paysages sublimes, uniques au monde avec une telle concentration, avec autant d’écosystèmes et de microclimats. Des zones qui détiennent les records du monde de pluviométrie sur 24 heures, d’autres arides comme les déserts les plus secs. Du basalte, omniprésent, mais aussi un lagon et ses plages de sable blanc. Et partout l’érosion qui façonne les paysages et marque de son empreinte le temps, l’histoire et la culture réunionnaise, créant ainsi des falaises quasi verticales, les remparts. Ces parois vertigineuses impriment les paysages de l’île en lacérant les grandes planèzes de vallées profondes. Des décors grandioses se succèdent entre le littoral et les hautes altitudes. Ces paysages végétaux très contrastés sont des trésors de biodiversité.

Deux grands ensembles paysagers se dégagent. Le premier, le plus ancien, est dominé par la végétation et creusé par l’érosion, l’autre, constamment renouvelé, se situe autour du piton de la Fournaise.

Le relief de l’île est globalement très accidenté. La roche volcanique faite de basalte s’érode en raison des précipitations tropicales et des rivières en crue, formant ainsi un paysage aux lignes acérées et spectaculaires, ponctué de profondes ravines à la végétation luxuriante creusées de rivières et de cascades.

Avec ses 3 070 m d’altitude, le piton des Neiges est le point culminant de l’archipel des Mascareignes. À ses pieds, l’effondrement de ses contreforts et l’érosion ont formé trois cirques aux reliefs impressionnants, uniques au monde, aux réseaux hydrographiques très importants: Salazie, Cilaos et Mafate. Ce dernier est accessible uniquement à pied ou par hélicoptère.

Le deuxième ensemble paysager et celui présent plus au Sud, Sud-Est, autour du piton de la Fournaise et ses 2 632 mètres d’altitude. Volcan plus récent et actif, de type effusif, il se caractérise donc par des coulées de lave le long de ses flancs, principalement à l’intérieur de l’enclos ou jusqu’au Grand Brûlé, débordant parfois au delà de la route pour finir sa course dans l’océan. Spectacle garanti !

La Côte-sous-le-vent, à l’ouest, concentre la majorité des plages et des lagons, au contraire la Côte-au-vent, à l’est, accidentée et rocailleuse.

Enfin notons entre ces deux massifs les hautes plaines (plaine des Palmistes et plaine des Cafres) qui relient l’est et le sud-ouest de l’île.

Le climat

Le climat de la Réunion est de type tropical. On distingue principalement deux zones : l’une, baignée par les alizés venus de l’est, c’est la Côte-au-vent. Elle reçoit le plus de précipitations, elles s’accumulent au contact du relief ; la seconde, la Côte-sous-le-vent, concerne l’ouest de l’île. Cette dernière a un climat plus sec. Cependant, du fait d’un relief particulièrement accidenté, on note une grande variété de microclimats, établis au gré de la topographie, en fonction du positionnement, de l’orientation et de la hauteur des pitons, cirques et remparts.

Deux saisons se font ressentir : la période sèche que l’on appelle l’hiver austral et qui s’étale du mois d’avril au mois d’octobre environ, le temps est alors plutôt beau et frais. En revanche pendant l’été austral (ou saison des pluies), de novembre à mars, La Réunion est soumise au passage de dépressions tropicales, c’est donc une saison plus humide. C’est également la saison des cyclones tropicaux, une ou deux fois par an en moyenne et dont le passage dure un à deux jours.

Globalement, de par sa position près du Tropique du Capricorne, La Réunion bénéficie d’un ensoleillement relativement important et chaud mais les alizés qui soufflent régulièrement permettent de rafraîchir la température ressentie. Sur le littoral à l’ouest la température peut avoisiner les 35°C, ce n’est pas le cas au sommet du piton des Neiges où le thermomètre peut passer sous les 0°C. Les amplitudes thermiques peuvent être très importantes au cours d’une même journée en fonction de vos déplacements.

Les paysages

Les paysages grandioses d’une nature épanouie et d’une biodiversité remarquable sont nés de l’activité des deux volcans qui ont créé l’île, offrant une diversité extrême qui constitue un des plus beaux atouts de ce territoire.

Les paysages réunionnais sont uniques au monde, contrastés et variés, parfois surprenants. Les ambiances sont multiples : sur un territoire d’à peine plus de 2 500 km², des paysages balnéaires tropicaux côtoient des plaines d’élevage de montagne, des hauts sommets volcaniques, des cirques enclavés, des paysages minéraux et des forêts luxuriantes.

Mais plus qu’ailleurs, les paysages réunionnais évoluent sans cesse sous l’action conjuguée des éléments naturels et de la main de l’homme. Ils nous démontrent, s’il en était besoin, la grande diversité mais aussi la fragilité des espèces naturelles qui les composent.

La végétation varie en fonction de l’altitude et des microclimats : 850 espèces indigènes ont été recensées (2 000 espèces introduites par l’homme, au cours de l’histoire de La Réunion). Ces plantes, ces fleurs, ces arbres extraordinaires poussent dans des forêts, dans des gorges et sur des reliefs surprenants, formés par les éruptions volcaniques. La biodiversité et les paysages fantastiques se sont façonnés au gré des éruptions, des effondrements et de l’érosion, depuis trois millions d’années.

Le site classé abrite des animaux rares et une flore indigène, les chercheurs découvrent encore de nouvelles espèces de nos jours.


La petite histoire de… l’endémisme

Les espèces indigènes sont des espèces arrivées sur l’île par des moyens naturels et présentes avant l’arrivée de l’homme. Parmi les espèces indigènes, certaines se sont progressivement différenciées pour créer des espèces nouvelles. Elles sont alors dites endémiques et n’existent nulle part ailleurs dans le monde. Les espèces exotiques sont des espèces introduites volontairement ou non par l’homme.