
Le patrimoine de La Réunion est aussi divers et varié que sa population est métissée. L’architecture du bâti s’est adapté à son histoire et à l’économie de l’île. Les plantations de café ou de canne à sucre ont donné naissance à de vastes domaines privés où les fastes de la demeure du maître côtoient le dortoir des esclaves et les bâtiments de l’usine à sucre, créant ainsi de micro-sociétés qui vivaient en quasi autarcie.
L’architecture monumentale, parfois néo-classique des bâtiments publics et militaires, des comptoirs de la Compagnie des Indes, des lieux de cultes… contraste avec la simplicité de l’architecture créole domestique.
La Réunion compte plus d’une vingtaine d’édifices lassés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques, qu’il s’agisse de bâtiments publics ou de résidences secondaires dans les Hauts de l’île pour les riches familles créoles.
L’architecture domestique, composée de cases créoles, de boutiques ou d’échoppes, de centres urbains anciens… illustre la richesse et la spécificité du patrimoine architectural réunionnais. Cet habitat créole traditionnel demeure aujourd’hui encore très prégnant dans le paysage urbain ou rural, « du battant des lames au sommet des montagnes », des villes côtières aux hameaux minuscules des hauts et des cirques, en passant par les belles demeures des propriétaires de plantations.
Les “villages créoles”

Ce label regroupe 16 villages de La Réunion qui proposent chacun un visage différent et authentique, au cœur du patrimoine et de la culture réunionnaise, aux quatre coins de l’île et dans les cirques, au cœur d’une nature grandiose. Y séjourner permet de s’imprégner de l’art de vivre à la créole au milieu d’une nature encore préservée. Voici la liste : Bourg-Murat, Entre-Deux, Grand-Coude, Petite-Ile, la Plaine des Grègues et Tévelave au sud; Cilaos, les Makes, Salazie, Grand-Ilet, Hell-Bourg et la Plaine des Palmistes dans les terres; Le Maïdo Petite-France, Le Plate et Saint-Leu à l’ouest; Sainte-Rose et Saint-Philippe à l’est.
Les jardins créoles

Expression symbolique de l’art de vivre créole, le jardin traditionnel obéit à une organisation particulière autour de la maison (case). On y entre par un élément architectural symbolique, le “baro”, ou portail, qui marque la séparation entre la rue et la “cour”, nom donné localement au jardin. On distingue l’avant de la maison, caractérisé par une symétrie des plantes et arbres ornementaux autour d’une allée centrale menant généralement à une terrasse ou “varangue”, et l’arrière de la maison, plus intime, réservé aux usages du quotidien. Une abondance de plantes médicinales, d’herbes aromatiques, d’arbres fruitiers côtoient le “boucan”, où l’on cuisine au feu de bois en extérieur, un lavoir ou des abris pour animaux.
Les jardins sont composés de plantes comestibles et ornementales en fonction des traditions et superstitions, mais certaines espèces se retrouvent quasi systématiquement dans l’ensemble des jardins créoles : les orchidées, le kaloupilé et le quatre épices (feuilles aromatiques), le combava (agrume), l’aloe vera et bien d’autres encore.